Une vie à attendre
Ma grand-mère avait pour habitude de nous dire qu’elle avait passé sa vie à attendre.
Petite, j’avais du mal à comprendre ce qu’elle entendait par là. Moi, je la voyais grande, forte, active malgré son “âge avancé” comme on dit poliment. Elle menait sa maison avec la dextérité et la rigueur d’une cheffe d’orchestre et rarement je la voyais s’abandonner au doux plaisir de ralentir.
Une vie à attendre, elle ?
N’importe quoi.
Ce n’est qu’en grandissant, et en faisant l’expérience à la première personne de ce que signifiait la vie d’adulte que j’ai pu commencer à lever le voile sur cette maxime tant aimée de Mamie Cha.
Je compris petit à petit que chacune d’entre nous avait une personnalité publique -un personnage en quelque sorte- qui différait toujours de ce qui se trouvait niché à l’intérieur, au plus profond de soir.
Comme un secret,
caché au grand jour

